You’ll be missed.

Le tatouage, ça touche à l’intime.

On le dit, je le dis, souvent.
Mais je me dis parfois que moi-même je ne réalise pas à quel point.
Ca touche l’intimité de mes clients, que je peine presque à appeler clients, et ça touche la mienne, que je le veuille ou non.
Vos histoires me touchent, m’amusent, me marquent, me bouleversent.

Pas encore blasée, j’espère ne jamais l’être.
Pas encore blindée, parfois j’espère l’être un peu.

Il y a presque un an, Lionel « Ryo » a pris contact avec moi.
Il voulait un de mes flashs, cet énorme Cthulhu prévu pour un demi-dos, ou une jambe, ou un bras entier. Un truc gigantesque. Je jubilais. Quelle joie quand on vous réclame ces grands flashs !

Lionel habitait en Bretagne. On a papoté. Parlé de cette région dont je viens et dont il était fou, parlé de petites choses et de petits riens. Parfois il n’avait pas le moral, je lui laissais un petit commentaire sympa, par la magie des réseaux sociaux qui sont si merveilleux quand on veut les utiliser avec bienveillance.

Vous voyez, c’est ça être tatoueur. C’est être un peu dans votre vie. Pas amis, pas proches, bien sûr. Mais pas étrangers non plus.

La rentrée approchait, et le rendez-vous a été calé.
Comme souvent, notre dernier échange s’est fait quelques semaines avant le jour J. Toutes les infos étaient données.

Le jour J, Lionel n’est pas venu.
J’ai eu un doute affreux.
Il était si motivé, si joyeux.

C’est son mur Facebook qui m’a confirmé le pire.
Lionel est décédé cet été.

Je pense à sa famille, je pense à ses amis. Je pense à ce jeune homme si passionné, si sympathique, que j’avais hâte de rencontrer. Je pense à tous ses projets.
Je sais qu’il manquera très fort à beaucoup de monde. Et il me manquera aussi.

Toutes mes condoléances sincères à tes proches.

Je te souhaite un très beau voyage au milieu des étoiles.

Coucou les cons ! TW : violence, harcèlement

Coucou les cons, par Coucou les girls

Hier, j’ai découvert le compte instagram @coucoulescons , créé par Juliette Katz, la célèbre Coucou les Girls, qui me fait beaucoup rire.

Comme chaque fois que je découvre un nouveau délire de harceleurs, un nouveau hashtag de violence, un nouveau « flaming », j’en reste … perturbée.

Pourquoi ? Pourquoi des gens font ça ? Que se passe-t-il dans la tête d’une personne, peu importe son âge, son cadre familial, personnel ou professionnel, que se passe-t-il à la seconde où il/elle prend la décision d’écrire un tel commentaire ?

Se sent-il mieux, après ? Ou au contraire, la haine attise-t-elle la haine ?
Je me demande si un jour, le « troll » sera un objet d’étude psycho-sociale.

Y’aura du boulot.