8 mars

Une semaine difficile, une semaine douloureuse.
Lundi, les réseaux se sont enflammés.
Comme tous les ans, on a parlé sexisme, violence conjugale et harcèlement.
Comme tous les ans, on a essuyé les trolls, les vannes lourdes, les publicités écoeurantes et mercantiles.
Comme tous les ans, les plus motivé.e.s ont fait de la pédagogie.

Mais cette année on a une nouveauté.

Cette année, le journal Libération a détruit la foi que certain.e.s entretenaient encore en certains médias et en l’humanité en publiant gaiement la lettre d’un violeur en mal de reconnaissance, un torchon d’auto-analyse mal dégrossie par un jeune homme à peine honteux, qualifié par le journal de « fougueux », « courageux ».

Rien de ce que j’aie pu lire sur le sujet n’a pu apaiser ma colère et mon écoeurement.
Imaginons une seule seconde que le 13 janvier, on publie une lettre écrite par un terroriste ?
Parlerait-on du « droit » qu’il a à « exposer ses raisons », « parler de son geste » ? Demanderait-on aux victimes de « prendre du recul et analyser les faits » ?

Je ne pense pas.
Je pense qu’aucun média n’aurait imaginé piétiner à ce point la décence.

J’avais plein d’envie pour cette semaine, plein d’idée d’illustrations.
Je n’ai plus envie de rien.

Je vous laisse avec une petite affiche peinte numériquement, exercice que j’ai voulu commencer pour changer de mon style habituel.
Je la trouve bien insignifiante à présent, dans ce monde où un homme peut écrire son « animalité » et être encensé par la presse.


Un commentaire sur “8 mars

  1. C’est un sujet tellement compliqué… mais qui ne devrait pas exister… Et c’est là tout le problème.

    Pourtant je pense que malgré les dérives, c’est globalement bénéfique dans le temps cette initiative qui vise autant à mettre en avant le rôle des femmes au quotidien, l’égalité mais aussi les situations de violence psychologiques/physiques que personne ne devrait subir quelque soit son sexe, ses orientations, ses origines.

    Je suis toujours embêté par le « journée de » car il n’y pas qu’une journée dans la vie. Je suis aussi gêné par les sociétés qui surfent sur l’occasion pour mettre en avant les personnalités féminines alors que ça devrait être naturellement le cas toute l’année… Mais je me dis que comme la prise de conscience écologique, c’est un travail sur le long terme et que ces actions même ponctuelles auront un bénéfice dans le temps.

    Vivement le jour où il n’y aura plus besoin de « journée de ». (oui je suis sans doute un grand utopiste).

    Aimé par 1 personne

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