Tattooflashs – Légendes d’Asie – Hua Mulan

Hua Mulan apparaît pour la première fois dans une ballade de la dynastie Song, au XIIIe siècle.
Cette histoire raconte la vie d’une jeune fille s’engageant dans l’armée déguisée en homme; pour épargner cette charge à son père vieillissant. Elle combattrait ainsi de nombreuses années avant de revenir dans son village.

Mulan cristallise, à travers sa légende, de nombreuses histoires rapportées comme vraies, de femmes cherchant soit à assurer l’honneur de leur famille, soit à fuir leur condition.
Si elle fut longtemps présentée comme un symbole de patriotisme, aujourd’hui les femmes se réapproprient cette histoire afin de lui rendre son essence, celle de la volonté de libre arbitre, de liberté, d’indépendance, et de la force des femmes.

Joli brin de Mimosa.

Mamie,
Dans l’océan de souvenirs que tu nous laisses, il est difficile de savoir lesquels retenir aujourd’hui.
Mais n’est-ce pas merveilleux au fond, de réaliser qu’il faut choisir, tant les bons moments sont nombreux ?

Papy et toi avez été le phare de notre enfance, le sémaphore de nos vacances.
Les dimanches c’était la ferme, les poules chez notre autre Mémé.
Les vacances c’était chez vous.
Tel était notre carnet de route, mais si elle était régulière, jamais la navigation ne fut morne.

Notre chaloupe a navigué tant de merveilleux étés.
Toutes les glaces à l’eau (« Pousse-Pousse-Citron »), les kayaks et les vélos, les courses de cloportes organisées dans la véranda, les marchés du jeudi à Pont-l’Abbé, les plages, les kouign, bien sûr, les délicieuses kouign dont tu avais le secret.
Toutes ces soirées devant la télé de la cuisine, à peine perturbés par le vrombissant lave-vaisselle, sur nos chaises en paille, pendant que vous les grands, regardiez des émissions sérieuses, entre grands, dans le salon.
Nous avons vogué vers tant de merveilleux Noëls.
Toutes les histoires de famille, les aventures de nos arrière-grands parents dont tu parlais si bien qu’on aurait juré les avoir connus. Ton père le tailleur de pierre, aimant les chansons et les bonnes bagarres de bistrot. Tes copines, les usines de conserverie, les chemins à vélo. Le sapin, la bûche vanille-framboise, les chansons.

Notre navire avançait d’année en année. Nous avons embarqué avec nous tant d’amis, petits et grands, que vous avez accueillis avec toujours le même enthousiasme. De nos copains de primaire à ces amis venus passer quelques jours en Bretagne et que tu as reçus au Camélias, dans ton petit appartement, avec force café, porto et palets bretons… tous ceux qui ont fait escale chez vous en gardent un souvenir précieux.

Tu as désapprouvé certains de nos choix, vestimentaires parfois, capillaires toujours, avec cette franchise qui ne t’a jamais fait défaut, mais jamais avec toi nous n’avons eu peur de chavirer.
Nous savions que nous trouverions toujours à l’amarrage de l’amour et du bon café, des rires et du soutien.

Vous voir, vous écrire, vous téléphoner était toujours un plaisir, une petite joie de tous les jours.
Vous avez été des grands-parents et arrière-grands-parents extraordinaires, de ceux dont on racontera les histoires longtemps.

Aujourd’hui nous te voyons quitter le port et bien sûr nous allons pleurer, mais très bientôt je le sais, penser à toi nous fera de nouveau sourire et chanter.

PS : Je ne pourrai plus entrer dans une papeterie sans voir mon coeur se serrer un peu.
Je ne passerai plus tout ce temps à chercher de jolies cartes postales.

Je n’oublierai pas la dernière chose que tu m’as dite au téléphone.
« Dis bien à la petite que je pense à elle. Je vais vous laisser ma petite fille, je suis fatiguée. »